Ski Press World Inc. - IndexSki Press World Inc. - Quebec Vol.22 No.2 - Index44
de 2 500 forfaits d’une semaine avec leçons de ski. Même si la formule
a été réduite de sept à trois jours à la demande des clients qui veulent
un produit plus condensé, le forfait ne séduit plus autant qu’avant. C’est
à peine si on en vend quelques centaines. Et encore. La station craint
que la force du dollar canadien repousse la clientèle américaine,
principal acheteur de ce type de leçons.
« Les cours de glisse ont toujours été plus faciles à vendre aux Américains
et aux Ontariens. Ce n’est pas dans la nature du skieur ou du
snowboarder adulte québécois de prendre des leçons sur les pentes. Le
Québec, ce n’est ni l’Europe, ni les hautes montagnes de l’ouest de
l’Amérique du Nord. Choyés par la proximité des stations, les gens d’ici
acquièrent rapidement de l’assurance sur les pentes de la province. Ce
qui rend superfi ciel à leurs yeux la nécessité de prendre une leçon de
glisse », constate Guy Ouimet, qui enseigne le ski depuis 30 ans.
Des leçons au goût du jour
À Sutton, le directeur de l’école, Guy Duquette, a, depuis longtemps,
fait son deuil de la formule ski week. À l’exception des semaines de
congé des Ontariens et des Américains en mars, le produit ne lève plus.
Le spécialiste de l’enseignement n’a pas fait pour autant une croix sur
le marché adulte québécois. Il a plutôt choisi d’utiliser les capricieuses
conditions de sa montagne pour développer un nouveau produit : la
clinique spécialisée adaptée aux conditions du jour.
Vous trouvez qu’à Sutton il y a trop de bosses, trop de glace, trop de
neige, trop de ci, trop de ça ? Guy Duquette et son équipe de moniteurs
proposent au quotidien des leçons privées pour apprivoiser les conditions
de neige du moment. Et ça marche ! En moins de cinq ans, la vente de
ces leçons privées a doublé. Entraînant du coup une embauche massive
de personnel. L’école est passée de 60 à 140 moniteurs.
Quand la montagne ne suf� t pas
C’est connu, l’école de glisse de Saint-Bruno revendique le titre de
plus grosse école du genre au pays. Près de 500 moniteurs y enseignent
les rudiments de la glisse aux jeunes. « On est d’ailleurs la
première station qui ait offert des cours d’initiation à la planche à
neige », clame fi èrement le directeur de l’école, Tony Dinielli.
Le succès de l’école repose principalement sur la diversifi cation des
leçons. Plus d’heures, moins d’heures, plus de disponibilité les weekends,
la semaine. En s’adaptant aux contraintes de temps de sa clientèle
très urbaine, l’école a prodigué plus de 32 000 leçons l’an dernier. Sur
ses pentes et ailleurs. Pour fi déliser plus longtemps sa clientèle avide
de dénivelé plus important, l’école de glisse de Saint-Bruno a développé
une école itinérante avec des stations partenaires.
Plus de cours, plus de moniteurs
Évidemment, le succès des formules innovatrices des écoles de glisse
suscite un criant besoin de nouveaux moniteurs. À l’AMSC, on a formé
20 % plus de moniteurs en dix ans. On forme même de plus en plus de
baby-boomers pour satisfaire à la demande sans cesse croissante des écoles.
Pendant la semaine, les moniteurs aux tempes grisonnantes composent
justement plus de la moitié du personnel enseignant sur les pentes.
C’est à se demander si la clientèle majoritaire des écoles de glisse n’est
pas en voie d’avoir 50 ans et plus. De nombreux directeurs d’école
analysent sûrement déjà cette possibilité…
Photo: MSSI
Les adultes, un marché important pour les écoles de ski du Québec.
Apprendre
à skier entre
amis à Ski
Bromont.
Apprendre à skier en famille à Sutton.
Photo: Ski Bromont/Sébastien Larose
Photo : Sutton