Ski Press World Inc. - IndexSki Press World Inc. - Quebec Vol.22 No.1 - Index34
mise en place d’un service de navettes qui transportent les
employés à partir de Saint-Jérôme s’ajoutent aux
nombreuses autres initiatives vertes de la station.
Tremblant envisage même d’utiliser de l’énergie
géothermique pour le futur village du versant
Soleil. L’idée consiste à récupérer l’énergie solaire
emmagasinée dans le sol à des fi ns de chauffage
et de climatisation. L’aménagement paysager de
ce nouveau secteur sera principalement composé
de plantes indigènes qui ne nécessitent aucun
arrosage. Et les fl eurs qui décoreront les platesbandes
seront alimentées par l’eau de pluie
récupérée dans des bassins souterrains.
et la gestion de l’eau ?
De nombreuses stations du Québec se disent
convaincues que la fabrication de neige demeure
leur planche de salut. Mont Cascades possède, par
exemple, suffisamment de canons à neige pour
couvrir 100 % de ses pistes.
Inquiets de voir leurs sports de glisse
disparaître un jour, certains athlètes adhèrent
publiquement au virage vert. C’est le cas du skieur alpin
Thomas Grandi. En compagnie de son épouse la skieuse de fond
Sara Reiner, le vétéran de l’équipe canadienne s’est associé l’an dernier
à la campagne « Play it cool » lancée par la Fondation de l’environnementaliste
David Suzuki.
Le couple qui vit à Canmore se fait un devoir de réduire ses émissions de gaz
à effets de serre. En plus de posséder une voiture économique, il encourage l’achat
des produits locaux et a banni l’usage de la sécheuse dans la maison. Grandi compte
également verser à l’organisme la moitié de ses gains remportés en compétition.
Témoins de l’annulation de nombreuses Coupes du monde faute de neige, les deux
skieurs souhaitent que d’autres athlètes se joignent à eux.
Les pros du freestyle se sentent aussi concernés par le réchauffement de la planète.
La preuve ? La jeune équipe de production Pléhouse en a fait son principal sujet
pour le fi lm de la présente saison « Save ». « Cette année on souhaitait produire
plus qu’un fi lm de ski. Outre que de proposer de belles images, on voulait que
notre message soit utile à la société », indique le skieur Thomas Rinfret
impliqué dans la production.
Thomas ne cache pas toutefois que cette façon de faire ouvre de
nouvelles portes à Pléhouse. « Save » qui met notamment en
vedette les Charles Gagnier, JF Cusson, Phil Larose et
Bélanger, sera présenté dans une vingtaine d’écoles
d’ici, ailleurs au pays, aux États-Unis et
en France.
Pléhouse fait du réchauffement de la planète son
principal sujet dans son nouveau fi lm « Save ».
On a beau se préoccuper de développement
durable, l’équipement des sports de glisse
est loin d’être écolo en soi. À l’heure actuelle, aucun
manufacturier n’a trouvé de moyens pour recycler skis et
planches usés. En conséquent, à moins de les collectionner audessus
du foyer, ces équipements s’accumulent dans les dépotoirs.
En France, où l’on jette chaque année 1 500 tonnes de skis et planches à la
décharge, une société savoyarde suggère une solution : réutiliser les matériaux
composites comme combustible dans les cimenteries.
Depuis l’an dernier, l’entreprise Tri-Vallée récupère l’équipement désuet de différents
locateurs des stations de la Haute-Savoie et de l’Isère. Le matériel est ensuite broyé.
Les carres sont revendues à la ferraille et les lamelles sont intégrées à d’autres
matériaux pour servir de combustible à ciment. Ce combustible qui brûle à 2 000 degrés
ne produit ni cendre, ni fumée et réduit les gaz à effet de serre soutient-on à la
cimenterie Vicat de Saint-Égrève.
En attendant que ce procédé traverse l’Atlantique, on n’a pas d’autres choix que
de recycler nos équipements en accessoires décoratifs. À titre d’exemple, la
station Mont Gleason, à Tingwick, a ainsi utilisé de vieux skis et planches
pour décorer les toilettes de son pavillon principal.
Il y a aussi Green Mountain Ski Chair, une entreprise du Vermont,
qui réutilise skis et planches pour fabriquer tables, chaises,
cabanes à oiseaux et autres objets à conception unique.
L’entreprise nous offre jusqu’à 20 % de réduction
si nous fournissons nos propres
« planches »…
La part des athletes
Une deuxieme vie pour nos planches
Ce procédé de fabrication exige
évidemment de l’eau. Beaucoup
d’eau. Plusieurs études, le rapport
Ouranos en tête, craignent que les
changements climatiques entraînent
des baisses substantielles du niveau
des cours d’eau dans lesquels
s’approvisionnent les stations.
Afi n de mieux gérer cette précieuse alliée,
la station du mont Saint-Bruno a créé sa
propre solution écologique. Il y a plus de cinq
ans, la station urbaine a creusé, au bas des
pistes, un bassin de rétention jumelé à un système
de canalisation qui récupère au maxi mum
les eaux de la fonte des neiges. Une neige
préalablement fabriquée avec l’eau dudit
bassin. Cette eau, régulièrement analysée, est
même propre à la consommation.