Ski Press World Inc. - Index

Ski Press World Inc. - Quebec_2007_2008 - Index

Photos : SME Collection/Ruedi Beglinger
SKI D’AVENTURE
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Le ski de haute route
Avant de partir, certains vous diront que vous vous embarquez dans une folle
aventure. Qu’il faudra vous entraîner sérieusement avant le départ pour gravir
chaque jour plus de 1 700 mètres de dénivelé dans la poudreuse profonde, sur
un terrain parfois presque vertical et à fl anc de falaise, le tout à la seule puissance
motrice de vos muscles.
De toute façon, tant qu’à s’envoler pour les Rocheuses et payer le gros prix
pour jouer dans la poudreuse, pourquoi ne pas se faciliter la vie et faire de
l’héliski plutôt que de suer à grimper skis et peaux de phoque aux pieds avec
un lourd sac sur le dos ?
Tous ces arguments ne sont pas dénués de logique.
Mais ceux qui vous mettront ainsi en garde auront oublié le plus important.
Fermez les yeux un instant.
Imaginez-vous sur un sommet enneigé surplombant les nuages. Un sommet si
pointu que votre groupe de huit skieurs a du mal à y tenir, que la pointe et le
talon de vos skis fl ottent au-dessus du vide. Le silence est total, une légère brise
fouette votre visage.
À vos pieds, un champ de poudreuse vierge à perte de vue. Pas la moindre trace
d’un skieur qui vous aurait précédé.
Pour le skieur avide de sensations fortes, rien ne peut s’approcher davantage
du nirvana.
Mais quiconque aspire au paradis doit le mériter.
C’est ce que le skieur réalisera lors d’une semaine à Selkirk Mountain Experience
(SME), près de Revelstoke, en Colombie-Britannique.
Dès ses premières minutes, l’expérience SME prend des airs de séjour au sein
d’un commando militaire.
Samedi, avant l’aube, un minibus attend à l’hôtel de Revelstoke, désigné point
de rendez-vous de la quinzaine de clients qui passeront la semaine à SME. La
destination : un minuscule terrain vague entre une route de montagne et le lac
Revelstoke, où se posera l’hélicoptère qui conduit les clients au refuge.
ou ll’art
art de gagner ses descentes dans les Selkirk
TOUTE CHOSE ACQUISE EN DÉPLOYANT DE DURS EFFORTS ET EN FAISANT PREUVE
DE PERSÉVÉRANCE GOÛTE INÉVITABLEMENT MEILLEUR. ET C’EST VRAI POUR LE SKI.
DAVID SANTERRE VOUS EXPLIQUE COMMENT GAGNER VOTRE PARADIS.
Ce n’est qu’une fois arrivé au chalet du glacier Durrand, une fois estompé le
blizzard causé par les pales de l’hélico duquel on descend sans même que le rotor
ne s’arrête de tourner, qu’on prend la pleine mesure du défi qui nous attend.
Il est 8 heures et, déjà, le cerveau s’active. On s’imagine dans les couloirs de
Tumbledown Mountain, Goat Peak ou sur le glacier Durrand à effectuer les
descentes les plus délirantes.
Elle n’était pas bête son idée, à Ruedi Beglinger, guide de montagne suisse
mondialement reconnu, quand il a fondé Selkirk Mountain Experience en 1985.
Arrivant de Suisse, où le terrain est sublime, mais la montagne achalandée, il
réussissait à mettre la main sur 80 kilomètres carrés dans les Selkirk, au centre
de la Colombie-Britannique. Un territoire totalement sauvage abritant 26 sommets
skiables et 14 glaciers. Même les hélicoptères des nombreuses compagnies
d’héliski de la région ont reçu l’interdiction de voler au-dessus de chez Ruedi.
Jour un. Il n’est pas encore midi, la formation avec les équipements de recherche
et sauvetage en cas d’avalanche est complétée, et on s’attaque à une
première montée, skis et peaux de phoque aux pieds. Une facile pour commencer,
Moon Hill. Mais déjà le ton est donné lors d’une première descente
dans une poudreuse profonde et légère.
C’est toutefois le lendemain que les choses sérieuses commenceront.
Très tôt, on amorce une longue montée qui nous fera franchir le glacier Allalin,
puis le Durrand, avant d’atteindre le Symphony Peak, près de 1 000 mètres
au-dessus de notre point de départ.
Il y a deux types de skieurs qui se rendent à SME. Ceux qui sont plutôt des
adeptes de montagne et de plein air, qui grimpent la montagne à un train d’enfer,
et les vrais descendeurs, qui peineront en montée, mais seront toujours
devant lors de la descente.
Contrairement au déstabilisant Ruedi, qui, malgré la cinquantaine bien entamée,
ouvre la piste tel un métronome, une pomme dans une main, une radio dans
l’autre, l’auteur de ces lignes est plutôt du deuxième groupe.