Ski Press World Inc. - IndexSki Press World Inc. - Quebec_2007_2008 - IndexLE PRO PORTRAIT
PAR EVE BOISSONNAULT
Erik
LA GANG D’
Plusieurs voient en Erik Guay un leader pour l’équipe masculine canadienne de ski alpin. Mais en dépit des succès
qu’il remporte, le principal intéressé se considère avant tout comme un membre de la bande.
Tous les garçons vous le diront, il n’y a rien de comparable au sentiment de
faire partie de la bande et de se serrer les coudes sur le champ de bataille du
sport. Et Erik Guay, skieur élite de 25 ans, n’échappe pas à la règle. Bien
que plusieurs voient en lui des qualités de leader qui permettront de propulser
le contingent masculin canadien au plus haut sommet de la course à ski,
le skieur de Mont Tremblant demeure lucide face aux éloges. C’est qu’au fond
Erik Guay ne se voit pas comme un chef de bande, mais plutôt comme un
membre à part entière d’une équipe jeune et talentueuse, pleine de promesses.
Entre eux, ils se poussent et s’encourage à devenir toujours meilleurs. Et
c’est exactement ce que vise Guay. « En ce début de saison, je ne me suis
pas vraiment formulé d’objectifs, je veux continuer de m’améliorer », disait-il
alors qu’on lui remettait le prix de l’Athlète international de l’année autant
au niveau national que provincial lors du dernier gala Ski Québec alpin.
Cette reconnaissance, il l’a d’ailleurs bien méritée. La saison dernière,
Erik Guay s’est taillé à cinq reprises une place sur le podium, dont une fois
sur la plus haute marche lors de la descente de Garmisch-Partenkirchen
en février dernier. Il s’agissait de sa première médaille d’or en carrière en
Coupe du monde. À ses côtés se sont retrouvées de grandes stars du ski
européen comme le Suisse Didier Cuche et l’Autrichien Benjamin Raich.
Si les pays du Vieux Continent transforment en stars multimillionnaires
leurs skieurs, Erik Guay sait que les skieurs canadiens possèdent une arme
redoutable que les autres n’ont pas : un esprit d’équipe.
« Contrairement aux Européens, les gars de notre équipe s’entendent bien
entre eux », raconte Guay. « C’est sein comme esprit de compétition et lorsque
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la course est terminée, nous redevenons tous des chums. » Le fait que les
Bourque, Cousineau, Guay et Semple soient sensiblement du même âge aide
la chose, avoue le principal intéressé. Ils sont jeunes, plus jeunes que la
moyenne des skieurs en Coupe du monde, ils sont bons, et sont amis de
surcroît. Un psychologue sportif pourrait en dire long sur les bienfaits d’une
telle combinaison.
Mais cette complicité entre collègues n’empêche pas Guay de viser le
premier rang en Coupe du monde, qu’il a amorcée à Lac Louise en novembre
dernier, un mois après le début de la saison. C’est parce qu’il est ennuyé
par des raideurs inconfortables au dos qu’Erik Guay a décidé de ne pas se
présenter à la première étape de Coupe du monde de la saison, à Sölden,
en Autriche.
Pour Guay, qui célébrera son dixième anniversaire au sein de l’équipe
nationale en 2008, c’est entre famille et amis que se savourent les victoires
sur les parcours du Cirque blanc. Et il n’hésite pas à utiliser ce lien
affectif pour motiver ses performances. « Je suis excité par les courses
qui auront lieu au Canada cette année », disait-il. En effet, le Canada
recevra pour une première fois dans l’histoire trois épreuves de Coupe du
monde. Outre le rendez-vous annuel qui lancera les épreuves de vitesse
de la saison à Lac Louise, Whistler recevra aussi les messieurs, tandis
que les femmes ajouteront Panorama à leur calendrier. « Ça me motive,
gagner à la maison est tellement plus émotif. » Et si on se fi e à la feuille
de route d’Erik la saison dernière, l’émotion pourrait atteindre de nouveaux
sommets cette année.
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Photo: Paul Morrison